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    D&Art : Caroline Faucon

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    scoop

    Messages : 62
    Date d'inscription : 06/12/2010

    D&Art : Caroline Faucon

    Message  scoop le Mar 20 Déc - 19:43

    Portrait de pro :

    Caroline Faucon


    interview réalisé par Neo*

    *pour le joindre n'hésitez pas à le contacter par MP
    Note : par souci de clarté es commentaires de ce fil sont bloqués. Intervenez directement sur les topics de présentation de Néo et D&Art pour vos remarques & questions



    Caroline est la gérante de D&Art, une entreprise lyonnaise de décoration créée en 2012. Très occupée, la décoratrice de 27 ans a d’abord reporté l’entretien à une plage plus disponible : rendez-vous était donc pris à midi, entre une prise de mesures et avant le prochain RV. Volubile et consciencieuse, Caroline développe  en 45 minutes les circonstances qui l’ont amenée à créer D&Art.


    Une « touche à tout » réactive

    Impossible d’échapper à ses prédispositions : loin de toute velléité professionnelle, chaque fois que son aide est sollicité sur un projet décoratif, Caroline conseille, chine… séduit. C’est pourtant le hasard qui l’a fait arriver là : elle se voyait plutôt professeure de fitness. C’est pourtant loin des salles de sport qu’elle entame en septembre 2008 un premier cycle en école de commerce… qui ne lui correspond pas : elle en claque la porte 3 mois plus tard, direction les Etats-Unis.




    « Il faut savoir évoluer, moi je ne reste pas dans une situation où je ne me retrouve pas »



    Pour s’évader, sortir, faire la fête… on le sait : les « party » n’ont pas pour seule vocation de distraire. Les réseaux se créent, les informations circulent. C’est au cours de l’une de ces party que Caroline prend connaissance des conditions d’admission d’une fameuse école américaine de design : huit mois de cours, deux stages à la clef. Malgré une aisance relative en Anglais, Caroline s’inscrit à l’Institute Design of San Diego. Et valide l’année.

    Cette formation accélérée, accessible tous les 6 mois,  constitue la base de ses connaissances en décoration. Enseignement des matériaux, travail des essences, études des couleurs… une solide base théorique directement mise en pratique par deux stages de 2 semaines en agences.



    Décorateur : un métier différent des deux côtés de l’Atlantique

    Au cours de ces stages Caroline prend toute la mesure du métier de la décoration à l’américaine : budget conséquent, confiance totale dans le décorateur… Le profil du client américain est bien éloigné du client français, moins enclin à tout confier au décorateur.


    « le client américain délègue tout. »



    De son expérience américaine elle tirera plusieurs constats : la clientèle des décorateurs américains est très aisée. Si l’extérieur de leur maison est moderne, à l’intérieur règne une déco « vieillotte » tirant parfois sur le kitch.  A la sobriété française s’oppose un goût prononcé pour les motifs.  Le choix des couleurs est souvent « plat » et si la moquette est depuis longtemps abandonnée en France, on la retrouve partout dans les intérieurs californiens.



    « la déco américaine, c’est too much ! »


    La gestion des espaces est différente, ici point de recherches d’optimisation : les aménagements sont peu ou pas fonctionnels.


    « Faut que ça en jette »


    Caroline ne s’y retrouve pas et rentre en France.



    En France : à nouveau les études, double cursus par correspondance

    Consciente des nécessaires compétences de gestionnaire qui distinguent l’amateur du professionnel, Caroline suit alors des études en gestion des entreprises (IUT) parallèlement à une Capacité. Déterminée, elle poursuit les 3 années d’IUT par correspondance.

    Au terme de ce cycle, Caroline dispose déjà d’un petit réseau qui sera déterminant dans la mise en place de sa future entreprise. Elle envoie alors son CV a tous les décorateurs de Lyon… et ne reçoit aucune réponse.



    « le carnet d’adresses, ça joue beaucoup »


    Dynamique, elle ne perd pas son temps à attendre près de son téléphone : elle en profite pour mener une étude régionale du marché de la décoration.



    Une approche innovante du métier

    Au terme de cet audit elle constate que le marché de la décoration lyonnaise se partage entre les mains d’une poignée de grosses agences. Gros budget et donc, à l’instar des USA, une clientèle élitiste : la décoration lyonnaise est essentiellement l’affaire d’enseignes bien installées, au tarif conséquent pour une clientèle aisée.

    Caroline sent que le marché exclue une cible pourtant très vaste de clients : le tout un chacun, sans désir de bouleverser son lieu de vie mais seulement un élément de son intérieur, avec un prix en rapport de cette prestation calibrée. Caroline Faucon veut devenir décoratrice accessible, avec des tarifs raisonnables et adaptés aux demandes. Car le client français désire parfois ne changer qu’une pièce, voir un unique élément de son intérieur. La prestation classique d’un décorateur est alors disproportionnée.



    « la stratégie d’entreprise donne un regard différent au métier»


    Sa stratégie est posée : elle sera la décoratrice « la moins chère de la région ». Un tarif avantageux sans délaisser l’essence de son métier : l’écoute, l’expertise et la disponibilité.


    « la base de toutes relations commerciales »


    Mais comment offrir des prestations de qualité à un  prix compétitif ? Caroline a parfaitement intégré un principe de base de gestion ; elle le répètera souvent au cours de l’interview :


    « réduire au maximum ses charges structurelles »


    Pas de boutiques clinquantes, de bureau bien placé avec longues façades vitrées : Caroline travaille exclusivement chez le client et ses partenaires, loue de temps en temps un bureau. Avec des dépenses rationalisées (D&Art aura coûté moins de 2.500 euro à son lancement) un fond de roulement réduit au strict nécessaire, Caroline adopte un schéma pertinent avec sa logique de départ : coût réduit = tarif réduit.

    Sans réseau professionnel, Caroline crée seule sa clientèle en optant pour une prestation ouverte à tous et ciblée à un élément précis de l’intérieur à aménager. Cette capacité à offrir une prestation professionnelle, avec plaquettes, croquis et même réalisation 3D découle directement de son choix économique : charges de structures réduites au profit d’une expertise sans compromis. Un téléphone, des échantillons et un site web : D&Art est né.



    Le réseau de partenaires, l’autre facette du métier

    La décoration d’intérieur est affaire de sensibilités. On peut le regretter mais c’est inévitable : cette sensibilité a un coût. Parce que les grandes enseignes de décoration sont les plus sollicitées, la décoration « personnalisée » ressemble beaucoup à celles du voisin. D&Art pallie à cet écueil en s’appuyant sur un réseau de petits artisans locaux : plus proches (pas d’e-mails, Caroline se rend physiquement chez tous ses partenaires), plus disponibles pour le client ils sont, comble du système, moins chers ! Caroline brise le schéma classique en démarchant les artisans locaux. Untel pour le parquet, un autre pour les escaliers, etc… Cette appréhension pragmatique du marché est le moteur de la réussite de D&Art.


    D&Art : une entreprise qui joue à fond la carte locale



    «il y aura toujours de la place pour les artisans au bon prix»



    Si elle a bien compris que le travail des grosses enseignes peut aussi être  –voir mieux–  réalisé par de petits artisans, Caroline doit trouver un moyen de constituer son réseau professionnel, la clé de voûte de tout décorateur.

    Elle propose alors aux ateliers et commerçants qu’elle démarche une vitrine sur son site internet. Un site qui mérite quelques lignes de développement…
    A la sortie de son cursus, Caroline ne dispose pas d’un budget significatif pour se lancer. Mais elle connait le marché et dispose d’un petit réseau, principalement étudiant. C’est avec des amis qu’elle crée le site www.dandart.com. Interface facile et contenu professionnel, le site est incontestablement une réussite. Doublé d’une campagne locale via flyers, Caroline attend le client… qui ne vient pas. Toujours aussi réactive la dynamique gérante de D&Art fait alors appel à une société spécialisée de référencement sur la toile, voir « ce qui ne va pas ». Bingo : après trois mois d’inexistence, le site D&Art arrive premier sur Google !



    Une professionnelle itinérante

    Tout au long de l’entretien, Caroline ne dissimule jamais sa manière de fonctionner, seule avec son portable. Mieux : elle sait la valoriser. Ainsi elle est toujours disponible pour ses clients et ses partenaires chez qui elle se déplace constamment.

    C’est cette externalisation de l’activité, très éloignée du traditionnel bureau d’architecte sur lequel le décorateur dessine sans fin ses plans, qui donne à D&Art son identité.  Une identité souvent facturée très chère par les cabinets de décoration, où seuls les chantiers les plus lourds bénéficient d’un suivi digne de ce nom.
    A l’atelier comme sur les chantiers, Caroline suit l’évolution des travaux, l’élaboration du produit. Cette proximité immédiate avec la matière et les gens permet à D&Art une disponibilité sans compromis. Un changement de ton, une modification de coupe : Caroline fait la liaison directe entre le désir du client et la main de l’artisan.




    Une transparence économique qui paie

    Charges structurelles basses, travail avec de petits artisans… et l’argent dans tout ça ?

    Le principe de Caroline est simple : ce qu’elle obtient auprès du professionnel, elle le reverse intégralement au client. Pas de rétro commissions, Caroline n’apporte pas les affaires, elle les porte. Par son relationnel, son expertise et surtout cette vision audacieuse du métier : une totale transparence. Lorsqu’un devis est transmis au client, la remise accordée à la décoratrice apparait clairement.


    « je ne supporte pas l’idée que le client fantasme sur mes commissions »


    En fait de commissions, c’est le client seul qui en bénéficie. D&Art est rémunéré d’après une grille tarifaire déterminée et acceptée à l’avance avec le client, indépendante des éventuelles remises consenties par les partenaires artisans ou fournisseurs.  

    La grande force de D&Art est de pouvoir compenser le coût de sa prestation par les remises fournisseurs consenties au client.
    Caroline cite l’exemple des codes promotionnels donnés aux clients pour leurs achats sur des sites partenaires, comme drawer.com.  Cette approche commerciale est à l’opposé du système traditionnel de rémunération du décorateur, rémunération à laquelle concourent –parfois exclusivement– les commissions versées par le fournisseur.

    Caroline a fait un autre choix, certes moins rémunérateur, mais qui lui assure la reconnaissance de ses clients mais aussi une sérénité inespérée dans la profession.



    Une prestation économiquement indépendante de sa réalisation

    Avisée, Caroline limite donc sa prestation à son expertise. Le conseil est fourni au client, à lui de la concrétiser –ou pas– auprès des partenaires de D&Art. Facturation uniquement à la prestation donc, sans lien commercial avec l’exécutant. Ce système permet aussi au client de choisir en toute liberté son artisan ou fournisseur. Jamais il ne se sent engagé voir contraint par un tiers. Pour l’achat de mobiliers ou accessoires déco par exemple, D&Art propose une liste de produits, indique les adresses où les trouver (voir comme on l’a vu plus haut, un code privilégié en ligne) et le client décide de la suite à donner. Débarrassé des contingences du lien commercial entre l’exécutant/ fournisseur et le client, D&Art se consacre exclusivement à sa prestation, facturée quel que soit le choix définitif par le client.



    La prestation D&Art : des tarifs à la carte

    On peut le voir sur le site, D&Art propose un panel étendu de prestations. Du conseil déco prodigué à distance à la simulation 3D en passant par le conseil shopping, D&Art s’adresse  à toutes les bourses. Un profil type de ses clients est d’ailleurs dressé : les 45/65 ans à fort pouvoir d’achat et les 35/45 ans, parfois primo accédants, au budget plus serré mais avec une idée souvent très précise de ce qu’ils attendent. Par une grille tarifaire judicieusement fixée, D&Art s’adapte à chaque profil. Deux formules, deux tarifs:

    Le « one shot » : le client transmet à D&Art l’élément sur lequel il souhaite une expertise. Rendez-vous est pris, la prestation est ciblée au téléphone, le déplacement est facturé 90 euro et le temps consacré est en moyenne d’1h30.

    Caroline amène plaquettes, échantillons et fournit au client les adresses de professionnels à même de fournir la prestation ou le mobilier.
    Cette formule est l’adéquation idéale pour ceux qui pêchent sur un élément en particulier de leur intérieur (choix d’une table basse, couleur d’un mur…) et bénéficie de l’expertise d’une professionnelle tout en gardant le choix du prestataire final.

    La liberté n’est pas en reste avec la seconde formule qui étend la prestation à une ou plusieurs pièces en particulier. Le client sait dès le départ à quels frais il s’engage tout en restant maître des modalités de leur concrétisation. Pratique rare dans la profession, D&Art reverse en totalité les avantages obtenus auprès de son réseau de partenaires. Parce que Caroline Faucon est allergique aux remises opaques, elle permet au client de rentabiliser la prestation de décoration par la remise consentie à l’achat des meubles.
    Ce souci de transparence, s’il ne profite pas économiquement à D&Art lui garantit la  reconnaissance sans fard et l’estime de ses clients.

    En outre, D&Art se débarrasse des traditionnels tracas du décorateur fournisseur : retard de livraison, retour, SAV… son coaching participatif laisse le soin aux fournisseurs de gérer les commandes tout en assurant sa prestation de départ.
    Évidemment, comme les désirs du client, les tarifs prennent aussi de la hauteur mais toujours calibrés au mieux. Une relation classique peut se découper ainsi :

    1er RV : recueil des informations et détermination de la demande
    2ème RV : prises de dimensions, peaufinage des goûts du client
    3ème RV : rendu professionnel D&Art avec photo et plans



    La déco : une affaire de tendance

    Lancée en auto entreprise en 2012, D&Art connait depuis une croissance constante :


    « l’embauche de collaborateurs devient impérative »


    Preuve que la démocratisation de la décoration est un concept porteur. 45 minutes ininterrompues d’interview : Caroline est débordée de travail, elle me quitte pour son RV suivant. Sympathique, jamais avare d’info, Caroline m’en donnera quand même une dernière :


    « la tendance est aux couleurs flashy ! »




    Merci à Caroline pour son investissement et sa spontanéité.



    Site officiel D&Art
    Exemples de réalisations
    Contacter Caroline

    Retrouvez Néo et ses portraits sur www.insequis.net


    Dernière édition par scoop le Jeu 15 Oct - 16:49, édité 1 fois

    kpatricia

    Messages : 92
    Date d'inscription : 13/12/2010

    Re: D&Art : Caroline Faucon

    Message  kpatricia le Mar 25 Nov - 14:51

    beau parcours... bonne continuation à vous Caroline !

    Prof de fitness... lâchez pas l'affaire Very Happy

    @admin : pourquoi est-ce Scoop l'auteur du topic ???

    Joel

    Messages : 174
    Date d'inscription : 29/11/2010

    Re: D&Art : Caroline Faucon

    Message  Joel le Mar 25 Nov - 19:32

    Zut... le fil n'est manifestement pas bloqué. je t'ai envoyé un MP, Pat.

    Bel entretien

    Flora

    Messages : 15
    Date d'inscription : 24/11/2010

    Re: D&Art : Caroline Faucon

    Message  Flora le Dim 30 Nov - 21:45

    Parcours intéressant. J'admire votre capacité à rebondir comme ça, sur des opportunités Caroline. Si vous avez des projets d'embauche, on devrait peut être créer une catégorie offre d'emploi, non ?

    bravo néo, entretien très pro.

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    Re: D&Art : Caroline Faucon

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